Rupture électorale à Saint-Ouen

Le 30 mars 2014, avec la victoire aux élections municipales de la liste conduite par William Delannoy, Saint-Ouen vit un tournant historique. La gauche audonienne est interpelée, dans un contexte départemental et national particulièrement difficile. Plus que jamais, il importe de faire preuve de lucidité, de responsabilité et de détermination.

La défaite de la gauche, pourtant largement majoritaire à Saint-Ouen lors de tous les scrutins n’a qu’une seule responsabilité : Jacqueline Rouillon.

Incapable de fédérer et d’animer une majorité pourtant élue derrière elle en 2008, incapable d’unir autour d’elle la gauche avant le premier tour des municipales, incapable de conduire la fusion des forces de gauche entre les deux tours, incapable enfin de rassembler sur son nom les électeurs de gauche au second tour, la maire sortante subit un désaveu cinglant. Toujours plus soucieuse de verrouiller la ville à son profit que de répondre aux attentes de ses administrés, imbue de sa personne au point de se croire au-dessus des partis, elle a fait campagne sur son seul visage.

Son échec lui appartient sans partage.

La gauche audonienne a proposé une autre option pour apporter à la ville le changement dont elle a désespérément besoin. Mais l’Ambition nouvelle menée par Karim Bouamrane, dans laquelle Convergence citoyenne s’est pleinement impliquée, n’a pas eu la faveur des électeurs. Les 27% du premier tour étaient plus qu’honorables, dans un contexte très difficile pour l’ensemble de la gauche gouvernementale. D’évidence, pourtant, ces 3176 électeurs ne représentent pas la totalité des Audoniens de gauche qui rejettent le système incarné par Jacqueline Rouillon. Nombreux sont ceux qui ont voté dès le premier tour pour une droite se présentant sans étiquette, ou qui se sont abstenus, faute de confiance dans la volonté et dans la capacité de rupture de l’Ambition nouvelle.

À Convergence citoyenne, nous n’avons jamais considéré que Jacqueline Rouillon avait titre à représenter la gauche. Nous avons toujours assumé la nécessité, pour construire une alternative de gauche à Saint-Ouen, d’affronter sans complexe Jacqueline Rouillon et son système. Notre « anti-rouillonnisme » n’a jamais été primaire : il était argumenté, fondé sur l’expérience, et néanmoins sans concession.

Pendant la campagne municipale, nous aurions voulu que tous nos partenaires entendent les Audoniens et comprennent qu’il ne pouvait y avoir d’Ambition nouvelle pour Saint-Ouen que contre Jacqueline Rouillon. Nous avons échoué à cet égard.

Aujourd’hui, il importe tout d’abord d’assumer pleinement cette rupture, que les Audoniens de gauche eux-mêmes ont imposée aux appareils politiques, distraits par d’autres préoccupations. Jacqueline Rouillon a voulu gagner seule ; c’est donc seule qu’elle aura perdu. Nous ne sommes en rien solidaires de sa défaite. Et cette rupture devra être au centre de ce que nous ferons, en commençant dès demain, pour rebâtir la gauche audonienne. Jamais plus la gauche à Saint-Ouen ne devra prendre la forme du cliéntélisme, du misérabilisme, du déni de démocratie, du favoritisme.

Et cette tâche est d’autant plus urgente que, face à la nouvelle majorité de droite, Saint-Ouen aura besoin d’une opposition de gauche compétente, crédible et résolue. Ce n’est pas au Conseil municipal qu’elle la trouvera, tant est complète la déroute de Jacqueline Rouillon. C’est donc à l’Ambition nouvelle, en sachant restant unie et en maintenant sa dynamique, d’être, dès le 31 mars, l’opposition qu’il faut à notre ville.

Dans cette tâche essentielle, Convergence citoyenne appelle tous ses partenaires à la rejoindre.